En Tunisie, près d’une femme sur deux déclare avoir subi au moins une forme de violence au cours de sa vie. Si les conséquences physiques de ces violences sont visibles et reconnues, leurs répercussions psychologiques le sont beaucoup moins. Pourtant, elles sont tout aussi dévastatrices.
Une récente étude menée par Médecins du Monde met en lumière l’ampleur des effets des violences basées sur le genre (VBG) sur la santé mentale des survivantes. Dépression, anxiété, troubles du sommeil, stress post-traumatique, conduites suicidaires ou encore addictions : les séquelles psychologiques sont profondes et durables.
Au-delà du constat, l’étude révèle les obstacles qui freinent l’accès des femmes à une prise en charge adéquate : peur de la stigmatisation, manque de structures spécialisées, faiblesse de la coordination entre acteurs, ressources humaines et financières limitées. Beaucoup de survivantes se retrouvent ainsi sans accompagnement adapté, aggravant leur isolement et leur souffrance.
Face à cette réalité, le rôle des associations, refuges et structures communautaires est essentiel. Aux côtés des services publics, elles offrent écoute, soutien psychologique et accompagnement social, contribuant à redonner espoir et dignité aux femmes concernées.
L’étude formule enfin plusieurs recommandations : renforcer la prévention, améliorer l’accès à des soins psychologiques de qualité, former les professionnel·le·s de santé et du social, et surtout, assurer l’application effective de la loi de 2017 relative à l’élimination des violences faites aux femmes.
En diffusant ces résultats, Médecins du Monde souhaite alerter, sensibiliser et encourager une mobilisation collective pour que chaque survivante puisse trouver soutien, soins et justice.
Retrouvez ici le rapport dans son intégralité.